Sur Scène : Blue Monday People - airtvmusic.be

« I want to build an empire made out of matches » nous chante François Vaiana dans le morceau qui ouvre le nouvel opus du groupe Blue Monday People. Le jeune quartet de progressive soul présentait « Empire of Matches » le 22 janvier 2016 au Centre Culturel Jacques Franck.

En 2015, Blue Monday People avait sorti les prémisses de son premier opus « Empire of matches », avec un EP 4 titres intitulé « Love ». Le 22 janvier, la salle du Centre Culturel Jacques Franck était remplie et tout ouïe pour découvrir la création d’un projet connu pour la qualité et l’originalité de son écriture musicale. A 20h30, les musiciens dévoilaient les premiers bijoux d’ « Empire of Matches ».

Blue Monday People est un projet aux multiples visages et aptitudes à se réinventer. Il a d’abord commencé en trio, puis exploré sa formule en quintet et même en tentet, accompagné par une section de cuivres. C’est finalement en quartet qu’il s’est établi depuis deux ans pour élaborer son premier album « Empire of Matches ».

Le quartet de progressive soul est une infanterie de musiciens talentueux. Au chant lead, à la composition et aux arrangements, c’est François Vaiana qui guide les morceaux par un chant au timbre soul. Ce vocaliste lance le groupe à la sortie du conservatoire jazz. Le trio naît de sa volonté d’amener son expérience académique à un univers musical plus personnel. Il décide dès lors de revenir à “ses premiers amours” que représentent notamment la chanson et la soul. Dorian Dumont, jeune pianiste prodige, jongle entre les basses, les atmosphères et les accompagnements aux claviers et piano. A la guitare, on retrouve le guitariste réputé des Chroniques de l’inutile : Benjamin Sauzereau. Ce dernier propose un accompagnement riche en nuances, avec un jeu des fois plus subtil, des fois plus agressif. Enfin, Jens Bouttery, l’incroyable batteur-bricoleur, a fait don de sa rythmique et des basses sur l’album. Cependant, c’est Wendlavim Zabsonré qui nous aura enchanté par sa présence à la batterie et au bendré (percussions burkinabé) lors du concert de release. Le quartet c’est tout ça mais c’est aussi une voix soul portée par les choeurs des trois instrumentistes. On notera également la présence de Tamara Suffren, Renette Desir et Donaldzie Théodore, jeunes chanteuses dont les voix auront ajouté un éclat haïtien sur l’album.

« Empire of Matches » dit « l’empire d’allumettes » en français “c’est quelque chose de grand et en même temps, c’est fabriqué avec des petites choses de tous les jours qui coûtent trois fois rien” affirme François Vaiana. Cet album s’avère une mosaïque musicale à l’image des passages de la vie. Ceci explique le caractère singulier de chaque morceau.chaque chanson a une histoire bien précise et on essaie de la mettre en valeur le mieux possible en créant un univers particulier grâce aux textes, aux accords, et à la texture sonore. Tout ça participe à un sentiment. Et on essaie de bien faire naître ce sentiment” explique François Vaiana. Un tout très hétéroclite mais réuni par cette intensité de célébration collective en musique, comme pour faire hommage à l’esprit des cérémonies rara haïtiennes, dont François Vaiana a fait l’expérience. chaque morceau est très différent et en même temps il y a une unité. L’unité naît de l’intention qu’on met sur chaque morceau. L’instrumentation aussi crée l’unité. L’album est assez live. C’est vraiment un truc qu’on voulait, tu sens que c’est un groupe qui est en studio qui joue les morceaux et qui en fait finalement, avec 3 fois rien, avec ce qu’ils ont, un univers sonore particulier et personnel. Donc l’unité se trouve aussi par les gens qui sont réunis autour de cette musique”

Comme au petit matin, un rayon de lumière éclaire les musiciens lors des premiers morceaux. L’opus et le concert commence par « Come home Charlie ». C’est l’étincelle qui déclenchera le grand saut, celui de la découverte de soi et du monde. Cette chanson est une belle entrée en la matière puisqu’elle traverse bonne partie des styles que l’on retrouve dans l’album : le jazz, le rock, la soul et même la ballade.

Plus tard, Charlie rencontre cette « Girl of peace », étrange amazone aux airs tendrement blues, et machiavéliques. Sur ce, « I got on the bus » (j’ai pris le bus) affirme Charlie, pris d’engouement par l’amour et dans un élan d’afro-punk-rock qu’agrémente un choeur de chants vaudou haïtien sur l’album. Ensuite, « Empire of Matches » nous fait revenir à l’atmosphère plus ancrée et plus grave de la marche de la “ sleepless army “(l’armée sans repos) des musiciens. L’empire progresse sur ce parterre fleuri des constructions des allumettes. L’atmosphère y est déjà plus sombre. “ L’allumette c’est aussi très fragile dans le sens où ça peut s’enflammer très vite. Donc ce n’est pas éternel non plus”. Et pour l’illustrer, le titre « Where I belong » nous rappelle la fragilité de toute construction. Ce duo piano-voix évoque le thème de la mort, et notamment de ceux qui l’accompagnent de près et jusqu’au bout. Entre temps un nuage de fumée s’immisce dans la salle du Jacques Franck. Petite blague des allumettes ? Le public s’agite peu à peu…Les fumigènes font sourire. Il est venu le temps de « Sweat » (transpirer) et de danser sur ce morceau. On y reprend de l’élan avec une nouvelle touche hip hop aussi rétro que moderne en alternance avec des montées rock! Et puis au bout de tous les aléas et mouvements de la vie persiste l’amour comme le suggère la chanson « Love », son esprit motown et son choeur gospel dont on peut profiter sur l’album. Dans l’éventail de styles musicaux de l’album « Empire of Matches », le morceau « The scent of honey suckle vine » propose, lui, une magnifique ballade jazz, très intimiste et romantique dans les senteurs du chèvrefeuille.

Enfin, le concert se clôture officieusement avec en bouquet final le titre « Fireworks » (feu d’artifice). L’éclairage accompagne le morceau par un jeu de lumière plus coloré. On est portés par des sonorités très ouvertes et joyeuses avec des influences de pop et de soul un peu old school. Naturellement, les musiciens de Blue Monday People sont très vite rappeler par les applaudissements du public pour interpréter la dernière chanson du concert : « You got me ». Ce morceau clôture le concert avec un happy ending plein d’entrain !

Une touche d’Afrique, une esquisse de chants vaudous haïtiens, des influences de la soul américaine des années 60-70, un peu de jazz, parfois du rock, parfois de la punk, des airs d’Afrique, de la chanson, du hip hop, de la pop, du rythm and blues…on baigne dans une certaine frénésie musicale propre au quartet. Dorian il dit y’a du groove, y’a du hip hop, y’a un peu de soul ‘fin voilà y’a du jazz aussi, clairement. Benjamin il dit c’est de la chanson. Parce qu’en effet c’est des chansons. Et du coup on est en dehors de styles, on dit juste c’est de la chanson.”.

Finalement, le groupe n’a pas hésité à inventer le terme « progressive soul » pour définir leur univers musical. “Je dis progressive soul parce que c’est une manière pour moi de rendre hommage à ce que j’ai beaucoup écouté” explique François Vaiana. Il fait notamment référence à la musique soul, mais aussi au r’n’b, au hip hop, au rock, au jazz et à l’entièreté des musiques qui continuent de l’inspirer aujourd’hui. “Et progressive parce que j’ai pris ce truc là, j’essaie de l’amener à une réalité qui est la mienne aujourd’hui “.

« Empire of matches » c’est tout ça. Indéfinissable et insaisissable stylistiquement et musicalement, pour un résultat toujours aussi enchanteur. Après la belle construction de longue haleine que représente ce premier album, on espère suivre le groupe Blue Monday People dans sa prochaine conquête des milieux musicaux.

Prochain concert :

  • 27.12.16 @ Fnac – Bruxelles

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